Nutrition après 60 ans : ajuster son assiette pour bien vieillir

15/02/2026

Pourquoi adapter son alimentation en vieillissant ?

Avec l’âge, les besoins de notre organisme changent. Le métabolisme ralentit, la masse musculaire diminue, tandis que certains risques comme l’ostéoporose, la dénutrition ou les carences augmentent. D’après Santé publique France, 10% des personnes de plus de 70 ans vivant à domicile seraient en situation de dénutrition, soit par manque d’apport, soit par défaut de diversité alimentaire. Les conséquences ? Moins de force, baisse de l’immunité, récupération plus lente…

Adapter son alimentation n’est ni une lubie ni une contrainte. C’est offrir à son corps l’énergie, les vitamines et les minéraux dont il a réellement besoin pour continuer à profiter de la vie. Et bien sûr, garder le plaisir de la table, si cher à notre culture bretonne !

Les grands repères nutritionnels après 60 ans

Loin des régimes restrictifs, l’alimentation des seniors doit rester variée et équilibrée. Mais certains points méritent une attention particulière.

  • Protéines : les alliées anti-perte musculaire Après 60 ans, la masse musculaire diminue naturellement (sarcopénie). Or, le muscle, c’est la clef de l’autonomie : il protège des chutes, permet de marcher, de se relever, de porter. Les recommandations ? Au moins 1 à 1,2 g de protéines par kilo de poids corporel et par jour (soit 60 à 72 g si vous pesez 60 kg), selon le Haut Conseil de la Santé Publique. Viandes maigres, poissons, œufs, produits laitiers, légumineuses apportent ces précieux nutriments.
  • Calcium et vitamine D : protéger les os Après la ménopause ou à partir de 65 ans chez les hommes, la densité osseuse baisse plus vite. Le calcium (présent dans le lait, les fromages, les yaourts, certaines eaux minérales comme Hépar), allié à la vitamine D (pêche au grand air, huiles de foie de morue, œufs, sardines), aide à ralentir cette perte. Vigilance : en Bretagne, le manque de soleil favorise la carence en vitamine D, souvent compensée par une supplémentation conseillée par le médecin.
  • Fibres : digestion et microbiote Avec les années, le transit se ralentit. Les fibres des fruits, légumes, céréales complètes et légumineuses entretiennent le confort digestif et nourrissent nos bonnes bactéries intestinales.
  • Acides gras essentiels : cœur et cerveau Les oméga-3 (huiles de colza, noix, poissons gras du large, notamment la sardine et le maquereau de Quiberon) sont capitaux pour la santé cardiovasculaire et peuvent jouer un rôle protecteur contre le déclin cognitif (source : ANSES, 2022).
  • Eau : s’hydrater, encore et encore La sensation de soif diminue avec l’âge. Pourtant, la déshydratation est un risque majeur, surtout par temps chaud, en période de fièvre ou lors de traitements médicamenteux. Visez au moins 1,5 litre de boisson par jour : eau, tisanes, soupes, lait, jus.

Repérer les signaux d’alerte

Parfois, le changement d’appétit ou de goût passe inaperçu. Voici quelques signaux à surveiller, pour soi ou pour un proche :

  • Perte de poids involontaire (plus de 3 kg en un mois ou 5% du poids en 6 mois)
  • Fatigue persistante ou moindre résistance à l’effort
  • Baisse de force (difficulté à porter des courses, à se lever d’une chaise)
  • Perte d’appétit, modification du goût ou difficultés de mastication, de déglutition
  • Muguet ou lésions dans la bouche (favorisant la douleur et la baisse de l’apport alimentaire)

Si ces signes apparaissent, il n’est jamais inutile d’en parler à un professionnel de santé (médecin, infirmier, diététicien).

Concrètement, que mettre dans son assiette ?

Petit-déjeuner

  • Un laitage (yaourt nature, fromage blanc, lait, faisselle…)
  • Du pain (de préférence complet ou aux céréales) ou des céréales peu sucrées
  • Un fruit frais (pomme, banane, poire selon la saison, un kiwi du pays pour la vitamine C)
  • Un peu de beurre ou d’huile riche en oméga-3 (colza, noix)

Déjeuner et dîner

  • Une portion de protéines (poisson, volaille, deux œufs, tofu, steak de lentilles…)
  • Une grande part de légumes (cuits et/ou crus)
  • Un féculent (pomme de terre, pâtes complètes, riz, boulgour…)
  • Un laitage ou un fromage (pour le calcium et le plaisir gustatif)
  • Un fruit (en compote, en salade, au naturel…)

Collations : utiles et gourmandes

Elles sont recommandées si l’appétit est réduit ou pour éviter les grignotages déséquilibrés :

  • Quelques noix, amandes ou noisettes non salées
  • Une tranche de pain complet avec un carré de chocolat noir
  • Un yaourt ou une compote maison

Adapter son alimentation selon ses soucis de santé

  • Difficultés de mastication : privilégier les aliments moelleux (purées, compotes, potages), hacher ou mixer viande et légumes, utiliser des épices et herbes pour rehausser le goût sans excès de sel.
  • Hypertension : surveiller la quantité de sel (maximum 6 g/jour), choisir des produits « réduits en sel », privilégier les épices, l’ail, l’oignon. Préférez des aliments bruts et limitez les charcuteries.
  • Diabète : fractionner les prises alimentaires, opter pour des glucides à index glycémique bas (pâtes et riz complets, légumineuses, fruits frais entiers).
  • Cholestérol : limiter les graisses saturées (beurre, crème, charcuteries grasses), utilisez des huiles végétales, variez les sources de protéines (poisson, volaille, légumineuses).

Le suivi d’un diététicien, accessible via la Maison de Santé de Baud-Pontivy ou en téléconsultation, peut être précieux pour un accompagnement sur-mesure.

Plaisir de manger et convivialité : incontournables !

L’alimentation ne se limite pas à la nutrition. Elle rime aussi avec partage et lien social. Un repas pris à deux ou à plusieurs est toujours plus agréable… et souvent, on mange mieux. N’hésitez pas à profiter des repas proposés par la mairie ou les CCAS, à Camors ou dans les communes environnantes. De nombreux ateliers cuisine, animés régulièrement par des associations locales comme Familles rurales Morbihan ou Les Petits Frères des Pauvres, permettent aussi d’apprendre ou de retrouver le goût de cuisiner autrement.

Idées recettes faciles et adaptées aux seniors

  • Soupe de patate douce au lait de coco : veloutée, douce, riche en bêta-carotène et rassasiante
  • Omelette aux herbes fraîches et fromage : rapide, économique, idéale quand la fatigue se fait sentir
  • Parmentier de poisson au brocoli : associe protéines, oméga-3 et fibres dans un plat “tout en un”

Les recettes peuvent être adaptées selon les goûts, et préparées en plus grande quantité pour les surgelées et les jours sans envie de cuisiner.

Quelques chiffres-clés et repères utiles

  • Selon l’INSERM, 30% des 75-84 ans et près de la moitié des 85 ans et plus consomment moins d’un produit laitier par jour, augmentant le risque de fracture (étude NutriNet, 2023).
  • Un Breton sur trois de plus de 70 ans déclare boire moins de 1 litre d’eau quotidiennement (Baromètre régional, ARS Bretagne, 2022).
  • Les plats industriels « prêts à consommer » contiennent en moyenne deux fois plus de sel que les préparations maison (UFC-Que Choisir, 2023).
  • L’isolement multiplie par deux le risque de mauvaise nutrition chez les personnes âgées (CREDOC, 2020).

S’adapter, c’est aussi rejoindre les ressources locales

De nombreuses structures accompagnent les seniors à Camors et dans le Morbihan. Certaines proposent des diagnostics nutritionnels gratuits, des ateliers cuisine, ou des groupes d’entraide. Les adresses à solliciter :

  • Le CCAS de Camors : conseils et orientation vers des dispositifs d’aide à domicile, portage de repas, ateliers collectifs.
  • MDA Morbihan (Maison Départementale de l’Autonomie) : accompagnement diététique personnalisé, présentation des droits et aides disponibles.
  • Centres sociaux et associations de quartier : animations autour de la cuisine, repas conviviaux, jardinage collectif.
  • Professionnels de santé de proximité : généralistes, infirmiers, diététiciens du pays d’Auray.

Rapprochez-vous aussi de votre pharmacie : beaucoup distribuent des livrets conseils nutrition, et certains organisent des dépistages de la dénutrition (pesée, mesures, questionnaires).

L’alimentation, un outil précieux au fil des années

Bien manger après 60 ans ne s’arrête pas à une question de produits ou de quantités. C’est une manière, pour chacun, de prendre soin de soi, de préserver son autonomie, et de continuer à goûter la joie des plaisirs simples. L’important, c’est de rester à l’écoute de son corps, de ses goûts et de ne pas hésiter à solliciter l’aide dont on a besoin.

Les ressources locales, le lien social et la transmission de nos recettes restent de puissants alliés pour garder l’appétit de vivre… et de bien manger, tous ensemble, à Camors et dans le Morbihan.

Sources :

  • Haute Autorité de Santé : Repères alimentaires pour les personnes âgées (2023)
  • ANSES : Actualisation des références nutritionnelles (2022)
  • INSERM, CREDOC, UFC-Que Choisir, Santé publique France
  • https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/guide_alimentation_personnes_agees.pdf