Exonération de taxe foncière après 75 ans : critères, démarches et réalités à connaître

19/01/2026

Comprendre l’exonération de taxe foncière pour les plus de 75 ans

À l’approche de la retraite, la question de la fiscalité devient centrale dans la gestion du budget. Parmi les impôts locaux, la taxe foncière représente un poste de dépense important pour bien des propriétaires, en particulier les seniors soumis à des revenus parfois modestes. Pourtant, il existe des dispositifs d’exonération, parfois peu connus ou mal compris, qui permettent d’alléger, voire d’annuler cette charge dès 75 ans. Qui y a droit ? Sous quelles conditions ? Et quelle marche à suivre ?

Qu’est-ce que l’exonération de taxe foncière pour les seniors ?

L’exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) s’adresse à certaines personnes âgées sous conditions de ressources. Ce dispositif a pour objectif d’éviter que l’impôt ne vienne fragiliser les finances des retraités, notamment lorsque la pension n’a pas suivi l’évolution du coût de la vie et des taxes locales. Il concerne votre résidence principale, c’est-à-dire le logement où vous vivez habituellement et que vous possédez.

Cette exonération ne s’applique pas automatiquement à tous les propriétaires de plus de 75 ans, contrairement à une idée répandue. L’État a prévu des critères spécifiques, afin de cibler les foyers aux revenus modestes.

Qui peut bénéficier de l’exonération après 75 ans ?

Les conditions d’âge et de résidence

  • Avoir au moins 75 ans au 1er janvier de l’année d’imposition. L’âge s’apprécie au 1er janvier de l’année pour laquelle vous recevez l’avis de taxe foncière (exemple : il faut avoir 75 ans le 1er janvier 2024 pour bénéficier de l’exonération pour la taxe foncière 2024).
  • Être propriétaire ou usufruitier de votre résidence principale : l’exonération s’applique uniquement sur le logement principal, et non sur une résidence secondaire, un terrain ou un appartement en location.

Les plafonds de ressources à respecter

Outre l’âge et la notion de résidence principale, le critère principal pour accéder à l’exonération est le niveau de ressources. Chaque année, l’administration fiscale publie un plafond de revenu fiscal de référence à ne pas dépasser (voir Service-public.fr).

Pour la taxe foncière 2024 (calculée sur les revenus 2022), le plafond de ressources était par exemple :

  • 1 part : 12 455 €
  • 1,5 part : 15 781 €
  • 2 parts : 19 107 €
  • Par demi-part supplémentaire : +3 236 €

Ces chiffres sont ajustés chaque année. Il convient donc de toujours vérifier les montants actualisés sur le site officiel des impôts ou auprès de votre centre des finances publiques.

Une exonération qui peut s’étendre au conjoint

L’exonération concerne le foyer fiscal : si l’un des deux conjoints (époux ou partenaires de PACS) a plus de 75 ans, l’exonération s’applique, sous réserve que le plafond de ressources ne soit pas franchi pour l’ensemble du couple.

  • Exemple : Madame a 77 ans, Monsieur 74 ans, leurs revenus sont dans les limites. L’exonération joue.

Que se passe-t-il si vous dépassez de peu le plafond ?

Si vos ressources dépassent légèrement le plafond, il existe toutefois un dispositif de plafonnement de la taxe foncière en fonction des revenus. Il ne s’agit pas d’une exonération totale, mais d’une réduction du montant à payer (voir l’article L 1414 A du Code Général des Impôts).

Exemple concret en Morbihan

Un couple de retraités de Camors, 78 et 76 ans, touche chacun une retraite de 700 € par mois, soit 16 800 € à l’année (revenu fiscal de référence). En 2024, ce foyer entre dans la catégorie des 2 parts (plafond : 19 107 €), donc est exonéré de taxe foncière sur sa maison principale. À l’inverse, si les pensions cumulées atteignaient, par exemple, 20 000 €, la famille ne serait plus exonérée, mais pourrait demander le plafonnement.

Quelques exceptions à avoir en tête

L’exonération reste acquise même si la personne est temporairement hébergée (maison de retraite, chez un proche), à condition que le logement principal ne soit pas mis en location et reste libre.

Elle est compatible avec d’autres exonérations (veuves de guerre, personnes handicapées, bénéficiaires de certaines allocations sociales). Attention, toutefois : certains avantages ne se cumulent pas. En cas de doute, rapprochez-vous du centre des impôts de Pluvigner ou d’une association locale d’accompagnement retraite.

Comment en bénéficier concrètement ? Les démarches

Aucune démarche n’est, en principe, nécessaire la première année où vous remplissez toutes les conditions (âge, ressources, résidence principale). L’administration fiscale repère automatiquement les personnes éligibles grâce à votre déclaration de revenus.

Toutefois, il arrive que l’exonération ne soit pas appliquée automatiquement (changement de situation, déménagement sans mise à jour, etc.). Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à contacter directement votre centre des finances publiques, en fournissant :

  • Votre avis d’imposition (avec le revenu fiscal de référence et la situation familiale)
  • Un justificatif d’identité et de domicile
  • La preuve de propriété (acte notarié, etc., uniquement en cas de première demande ou si changement)

Pour plus de simplicité, il est possible de contacter le Centre des finances publiques de Lorient ou d’utiliser son espace particulier sur impots.gouv.fr, soit depuis un ordinateur familial, soit accompagné par des structures de médiation numérique (voir la Mairie de Camors, qui propose des ateliers de familiarisation au numérique).

Et les autres impôts locaux ? Quid de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères ?

L’exonération de taxe foncière obtenue après 75 ans ne vaut pas, en principe, pour la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM). Celle-ci, souvent présente sur l’avis de taxe foncière, reste due, même en cas d’exonération, sauf cas exceptionnels décidés par la commune (source : Service-public.fr).

Il peut toutefois exister, dans certaines communes du Morbihan, des aides personnalisées ou des réductions sur la TEOM, notamment pour les personnes âgées à faibles ressources. Il est donc recommandé de se renseigner en mairie.

Pourquoi ce dispositif est-il important pour le quotidien des retraités ?

D’après l’Insee (2018), la part des seniors propriétaires dans le Morbihan est de 63 %, soit un niveau supérieur à la moyenne nationale. Pour ces foyers, la taxe foncière représente en moyenne 600 à 1 000 euros annuels. Pour des retraités dont la pension médiane s’établit autour de 1 400 euros bruts par mois (source : DREES), cette dépense peut fortement gréver le budget.

  • Durant la crise sanitaire, 1 foyer retraité sur 8 évoquait des difficultés à payer ses impôts locaux (Secours Catholique 2022).

Le maintien de ce droit à exonération participe donc à la lutte contre la précarisation des personnes âgées. Il reste cependant régulièrement remis en question dans le débat public, notamment en raison des finances tendues des communes rurales.

En cas de doute ou de besoin d’assistance : qui solliciter dans le Morbihan ?

Plusieurs structures peuvent accompagner les personnes âgées dans ces démarches fiscales :

  • Le centre des finances publiques de Pluvigner ou de Lorient (accueil physique sur rendez-vous ou par téléphone)
  • Le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de Camors, relais d’information locale
  • L’espace France Services de Baud ou Pluvigner, pour un accompagnement au numérique ou à la déclaration fiscale
  • Les associations de retraités (UNRPA, clubs du Bel Âge, etc.) qui organisent des permanences conseils

Soyez attentif aux courriers, notamment à l’avis d’imposition envoyé chaque automne. N’hésitez pas à signaler toute erreur ou absence d’exonération auprès des impôts : une régularisation est possible sous deux ans (délai de réclamation).

Une exonération à préserver et à mieux faire connaître

Savoir que l’on peut être exonéré de taxe foncière à partir de 75 ans sous condition de revenus est, pour de nombreux retraités, un soulagement financier. Pourtant, il arrive encore souvent que des droits se perdent, par ignorance ou par crainte de démarches trop complexes. S’informer, se faire accompagner, vérifier chaque année son avis d’imposition, sont de bons réflexes à adopter.

À Camors, dans le Morbihan comme partout ailleurs, rester acteur de ses droits est essentiel pour conserver autonomie et sérénité. Ce dispositif demeure un pilier du « bien vieillir chez soi » et mérite toute votre vigilance.