Quelles consignes concrètes transmettre ? Les domaines prioritaires
1. Sécurité à domicile : anticiper pour éviter les chutes et incidents
La prévention des accidents domestiques reste la priorité numéro un. Selon l’Assurance Maladie, 56% des accidents de la vie courante touchant les plus de 65 ans ont lieu à la maison, principalement dans la salle de bain et la cuisine.
- Indiquer les zones à risque (tapis glissants, escaliers, seuils, objets électriques, médicaments).
- Spécifier les équipements à utiliser ou non (marchepied, barres d’appui, détecteur de fumée, canne adaptée…).
- Informer sur l’accès sécurisé aux produits dangereux (entretien, pharmacie, etc.).
- Donner la consigne de toujours vous prévenir avant d’utiliser un nouvel appareil ou outil.
2. Gestion des traitements médicaux : rigueur et traçabilité
Il existe en France plus de 12 000 hospitalisations annuelles dues à une mauvaise prise de médicament chez les seniors (source : HAS). C’est dire l’importance d’être clair et précis !
- Expliquer comment ranger et préparer les traitements (pilulier, horaires précis, qu’on n’attend pas d’être en rupture pour renouveler l’ordonnance).
- Noter les allergies et contre-indications bien en vue.
- Transmettre la liste des numéros utiles : médecin traitant, pharmacie, service d’urgence.
- S’assurer que votre aidant signale tout effet inhabituel ou oubli de prise de médicament.
Astuce : faire une fiche médicament à coller dans la cuisine, révisée tous les mois.
3. Alimentation et hydratation : adapter les repas selon vos besoins
La dénutrition et la déshydratation concernent fréquemment les personnes âgées, notamment en perte d’autonomie : selon le Collectif de lutte contre la dénutrition, cela touche 2 millions de Français chaque année. De bonnes consignes peuvent éviter bien des soucis.
- Donner vos habitudes et aversions alimentaires.
- Préciser les textures autorisées si besoin (mixé, haché… après avis médical).
- Indiquer la quantité d’eau à boire chaque jour et la meilleure façon de vous rappeler de boire.
- Informer sur les régimes à respecter, les interdits médicaux, les préférences culturelles ou religieuses.
Le carnet alimentaire peut être un bon support partagé entre aidant et aidé.
4. Déplacements et transferts : prévenir l’accident tout en préservant l’autonomie
Selon la Commission de Sécurité des Consommateurs, 30% des chutes chez les personnes âgées surviennent lors des transferts (lit-fauteuil, marche, toilettes). Mieux vaut donner dès le départ les bonnes indications :
- Montrer les façons de vous aider à vous lever ou à vous asseoir (appui possible, position du bras, besoin d’un temps d’adaptation, etc.).
- Clarifier les équipements à disposition, leurs règles d’utilisation.
- Préciser si vous souhaitez de l’aide, ou préférez essayer seul(e).
- Informer sur les aides techniques (déambulateur, lève-personne) : où sont-elles rangées, quand s’en servir.
Des sessions avec un(e) kinésithérapeute ou un(e) ergothérapeute permettent aux aidants de se former aux gestes adaptés.
5. Réactions en cas d’urgence
Face à un accident ou un malaise, le premier réflexe compte. Pourtant un aidant sur deux avoue ne pas savoir exactement comment réagir (source : étude IFOP pour la Fondation April, 2022).
- Lister les situations qui exigent d’appeler médecin ou SAMU (douleur thoracique, chute avec perte de connaissance, brûlure grave, etc.).
- Mettre à disposition, près du téléphone, la liste des coordonnées d’urgence.
- Préciser si vous avez facilement votre portable sur vous, ou comment vous joindre dehors.
- Favoriser les téléalarmes : 15 % des plus de 75 ans en sont équipés en France (INSEE).
Mettre en place un “plan secours” discuté à l’avance change tout. Il peut comprendre la liste de voisins à prévenir, par exemple.