Les services à la personne : quelles prestations peuvent réellement vous simplifier la vie ?

23/06/2025

Qu’entend-on par « services à la personne » ?

La notion de « services à la personne » regroupe un ensemble d’activités à domicile, prévues par la loi et précisées dans le Code du Travail (article D7231-1). Elles visent à faciliter le quotidien des particuliers, notamment des seniors, personnes en situation de handicap, familles actives ou isolées.

En France, ce secteur représente 1,3 million de salariés directement employés ou via des structures agréées (chiffres DARES 2023). Ce sont des métiers reconnus et réglementés, réalisables à domicile uniquement, dans un cadre défini pour garantir la sécurité et la qualité.

Les différentes prestations couvertes

Les services à la personne s’organisent autour de trois grands axes :

  • Le soutien à la vie quotidienne (entretien du logement, petits travaux, courses…)
  • L’accompagnement à la vie sociale (aide à la mobilité, loisirs, démarches…)
  • L’aide aux publics spécifiques (personnes âgées, enfants, situation de handicap…)

Voici les prestations les plus courantes, avec leurs particularités et des exemples d’application concrète.

L’entretien du cadre de vie

  • Ménage et repassage : du nettoyage courant au repassage, parfois jusqu’à l’entretien approfondi de la literie. Les intervenants utilisent parfois vos propres produits pour respecter vos habitudes ou limiter les réactions allergiques.
  • Petit bricolage : fixation d’étagères, montage de meubles, remplacement d’ampoules… Ces interventions, souvent limitées à 2 heures par mission, évitent de recourir à une entreprise si la tâche est ponctuelle.
  • Jardinage : tonte de pelouse, taille de haies, désherbage, ramassage de feuilles. Les prestations de gros œuvre ne sont pas concernées (élagage d’arbres, par exemple).

L’aide à la personne et à la mobilité

  • Aide à la toilette et à l’habillage : pour les gestes que les seniors ou personnes en perte d’autonomie ne peuvent plus réaliser seuls. Cela s’effectue toujours dans le respect de la dignité et du rythme de la personne.
  • Aide à la prise des repas ou à la préparation : parfois complétée par le portage de repas à domicile, ce qui garantit une alimentation adaptée et régulière.
  • Accompagnement aux courses et sorties : les intervenants peuvent transporter leurs bénéficiaires ou les accompagner à pied, selon les besoins.
  • Assistance administrative : classement du courrier, aide pour remplir des formulaires, démarches en ligne, organisation des papiers, etc.

La garde d’enfants et le soutien scolaire

  • Garde à domicile : pour les enfants de plus de 3 ans, ou de moins de 3 ans par des professionnels agréés.
  • Aide aux devoirs et soutien scolaire : du primaire jusqu’au lycée. Un service de plus en plus demandé, surtout dans les familles monoparentales ou actives.

Services spécifiques pour les seniors et personnes en situation de handicap

  • Téléassistance et assistance informatique : installation ou gestion de dispositifs d’alerte à distance, ou initiation aux bases de l’informatique pour rester connecté avec ses proches.
  • Transport adapté : conduite d’un véhicule personnel ou adapté pour les rendez-vous médicaux, courses, visites familiales.
  • Garde itinérante : passage de nuit, surveillance à domicile, mise en place d’une veille active, fréquente en sortie d’hospitalisation.

Quelles prestations ne sont pas incluses ?

Certaines activités ne sont pas couvertes par le régime des services à la personne. En voici quelques exemples :

  • Les soins médicaux ou soins infirmiers : ils sont du ressort des professionnels de santé diplômés et ne s’effectuent pas sous le régime « services à la personne ».
  • Les actes de kinésithérapie et d’ergothérapie.
  • Le gros bricolage ou la réparation d’appareils électroménagers.

Attention également : tout ce qui nécessite une qualification technique particulière ou une garantie décennale (gros travaux, installation électrique, plomberie complexe) ne relève pas du secteur. En revanche, pour tout ce qui est aide courante ou petits services, des intervenants peuvent prendre le relais.

Qui peut proposer ce type de services ?

Trois types de structures opèrent principalement dans le Morbihan et partout en France :

  • Entreprises privées ou associations agréées : souvent connues localement (ADMR, CCAS, entreprises telles que O2, Vitalliance, etc.). Elles emploient directement les intervenants, s’occupent de la gestion administrative et assurent la continuité du service.
  • Auto-entrepreneurs déclarés : ils proposent des prestations individuelles, à condition d’avoir fait la déclaration « services à la personne » auprès de la Direccte (Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi).
  • L’emploi direct : particulier employeur via le Cesu (Chèque emploi service universel).

Dans tous les cas, le prestataire doit être déclaré auprès des autorités compétentes (Urssaf, Direccte) et, dans certains cas (publics dits « fragiles »), disposer d’un agrément qualité. Cela garantit l’accès aux avantages fiscaux et la sécurité des interventions.

Quels avantages financiers pour les usagers ?

Le recours aux services à la personne ouvre droit à des avantages fiscaux non négligeables :

  • Crédit d’impôt de 50 % sur les sommes engagées, dans la limite de plafonds variables selon la prestation (exemple : 12 000 euros par an pour le ménage, augmentée de 1 500 euros par membre du foyer de plus de 65 ans, jusqu’à 15 000 euros).
  • Aides à domicile du Conseil départemental : l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) pour les personnes de plus de 60 ans en perte d’autonomie, et la PCH (Prestation de Compensation du Handicap) pour les personnes en situation de handicap.
  • Aide au financement par les caisses de retraite : des dispositifs existent sous conditions (demander à la CARSAT, MSA, etc.).
  • Exonérations de cotisations sociales pour l’emploi direct d’un salarié à domicile, selon la situation de la personne (âge, dépendance, situation de handicap).

À noter : depuis 2022, le crédit d’impôt « instantané » est progressivement déployé sur tout le territoire (y compris Morbihan), ce qui permet de ne payer que la moitié du coût du service dès la facturation, sans attendre l’année suivante pour le remboursement (Source : Service-Public.fr).

Astuces pour bien choisir son prestataire local

  • Vérifier l’agrément ou la déclaration : c’est la première chose à demander. Une structure sérieuse doit pouvoir justifier de son statut (numéro d’agrément, autorisation départementale, inscription à l’Urssaf pour les indépendants…).
  • Privilégier les structures de proximité : associations locales, CCAS, ADMR, sont souvent très bien implantées à Camors, Baud ou Pluvigner et connaissent les réalités du territoire.
  • Demander à rencontrer l’intervenant avant le début de la prestation : c’est légitime, surtout si elle concerne des actes d’aide à la personne ou une présence régulière auprès d’un proche âgé.
  • Comparer les tarifs : ils sont libres, mais doivent toujours être affichés de manière transparente et comporter toutes les charges sociales. Attention à bien comprendre ce qui est inclus.
  • Se renseigner sur les aides complémentaires : le CCAS de Camors ou la Maison des Solidarités de Pluvigner peuvent accompagner sur les démarches, l’estimation des besoins et la mobilisation des aides financières.

Un secteur en pleine évolution, au service du bien vieillir

En 2030, l’Insee prévoit que près d’1 habitant sur 3 du Morbihan aura plus de 60 ans. Les services à la personne représentent donc un véritable pilier pour préserver l’autonomie et la qualité de vie à domicile – c’est d’ailleurs une priorité affichée dans les schémas départementaux d’accompagnement des seniors (Conseil départemental 56).

Derrière chaque prestation, il y a une rencontre humaine, un savoir-faire mais aussi des droits et des devoirs : respect du cadre légal, qualité de l’intervention, confidentialité. Ce sont autant de balises qui protègent les usagers sur notre territoire.

N’hésitez pas à solliciter les acteurs locaux pour échanger sur vos besoins. Un rendez-vous avec le CCAS, une visite de l’agence ADMR de votre secteur ou une simple demande d’information à la Maison des Solidarités de Pluvigner sont les meilleurs points d’entrée. Pour aller plus loin, vous pouvez consulter les plateformes officielles telles que Service Public ou la plateforme Services à la personne.

L’offre évolue chaque année, s’adapte, innove. D’autres services émergent : livraison de médicaments à domicile, ateliers d’initiation numérique, conciergeries solidaires… La palette s’élargit pour répondre, au fil du temps, aux besoins d’aujourd’hui et de demain.