Chute après 60 ans : Mieux comprendre les véritables problèmes de santé en cause

07/03/2026

Pourquoi s’intéresser autant aux risques de chutes après 60 ans ?

Dans le Morbihan comme ailleurs, les chutes chez les plus de 60 ans restent une réalité trop fréquente. D’après Santé publique France, chaque année, plus de 2 millions de Français de plus de 65 ans chutent, et près de 130 000 sont hospitalisés à cause de ces accidents (INVS, 2014). Les conséquences ne sont pas anodines : fractures, perte d’autonomie, appréhension, voire isolement sans oublier l’impact pour l’entourage. Or, ces chutes ne sont pas inévitables. Elles sont souvent le résultat de problèmes de santé bien identifiés, qu’il est possible de dépister et de prendre en charge.

Dans cet article, faisons le point sur les maladies et troubles qui augmentent vraiment le risque de chute après 60 ans, comment les repérer, et quels leviers existent sur notre territoire pour réagir.

Quels sont les problèmes de santé qui favorisent les chutes ?

Il n’existe pas une cause unique, mais une combinaison de facteurs physiques, sensoriels et parfois psychiques. Voici les plus fréquents :

  • Les troubles de l’équilibre
  • Les maladies chroniques
  • Les troubles cognitifs et psychiques
  • Les problèmes de vision
  • Les effets secondaires de certains médicaments
  • La dénutrition et la fonte musculaire
  • Les troubles de l’audition

Troubles de l’équilibre : un signe d’alerte à prendre au sérieux

Avec l’âge, l’équilibre devient parfois plus précaire. Ce phénomène normal est accentué par certaines maladies comme la maladie de Parkinson, les neuropathies (atteintes des nerfs), ou encore les séquelles d’AVC. Le système vestibulaire (situé dans l’oreille interne) peut aussi être fragilisé. D’après l’OMS, environ une personne de plus de 70 ans sur quatre présente des troubles de l’équilibre significatifs.

  • Des signes à surveiller :
    • Vertiges, sensation de « tangage » en marchant
    • Besoin de se tenir ou crainte de tomber lors de déplacements
    • Mouvements ralentis ou hésitants
  • À Camors et alentours : l’Assurance retraite et les Centres Locaux d’Information et de Coordination (CLIC) proposent des bilans d’équilibre, souvent pris en charge.

Maladies chroniques et chutes : le poids du cumul

Avec l’avancée en âge, beaucoup vivent avec plusieurs maladies chroniques : diabète, hypertension, arthrose, maladies cardiaques… Chacune de ces pathologies peut, à elle seule, troubler l’équilibre, la vigilance, la fonction musculaire ou articulaire. Mais c’est bien leur association qui complique encore plus les choses.

  • Exemple : Le diabète peut altérer la sensibilité des pieds (neuropathie périphérique), diminuant ainsi la perception de la marche sur un terrain irrégulier (source : Fédération Française des Diabétiques).
  • L’arthrose limite l’amplitude des mouvements et peut créer des dérobements du genou ou de la hanche.
  • Les maladies cardiaques ou pulmonaires provoquent des malaises, de la fatigue, des « essoufflements » et des pertes de connaissance brèves (syncope).

D’après une étude de la Haute Autorité de Santé (HAS, 2019), on estime que le risque de chuter est multiplié par deux si l’on vit avec au moins deux maladies chroniques.

Le rôle souvent oublié des troubles cognitifs

Les troubles de la mémoire ou de la concentration ne concernent pas que les maladies d’Alzheimer ou apparentées. Même sans diagnostic, une fatigue intellectuelle ou un état confusionnel ponctuel (ex : infection, fièvre) suffit à perturber l’anticipation des dangers, l’adaptation à l’environnement, voire la capacité à demander de l’aide.

  • À savoir : Un trouble du jugement multiplie le risque de chute, parfois dès la sortie du lit ou lors des déplacements domestiques.
  • L’anxiété et la dépression entravent aussi la vigilance et peuvent mener à l’inactivité, aggravant la fonte musculaire.

Comment réagir ?

  • Faire évaluer régulièrement sa mémoire chez le médecin traitant ou dans une consultation mémoire (CHBA Vannes, CLIC, etc.).
  • Prendre au sérieux les périodes de grande fatigue, surtout en contexte d’infection, de changement de traitement ou d’hospitalisation récente.

Les troubles de la vision : quand les yeux trompent l’équilibre

La vision diminue souvent avec l’âge, mais certaines maladies oculaires progressent rapidement après 60 ans : cataracte, glaucome, DMLA (dégénérescence maculaire). Elles réduisent la perception des contrastes, la profondeur de champ et la capacité à repérer un obstacle.

  • Quelques chiffres : Entre 30 % et 40 % des plus de 75 ans ont une pathologie visuelle non corrigée (Assurance Maladie).
  • La correction d’un trouble de la vue peut, à elle seule, réduire le risque de chute de près de 30 % (Inserm, The Lancet).

Le bilan ophtalmologique, même sans symptôme, reste essentiel tous les deux ans après 60 ans.

Médicaments : quand les effets secondaires fragilisent

Une partie importante des chutes est liée à la prise de certains médicaments (source : HAS). Les traitements touchés sont principalement :

  • les somnifères (benzodiazépines)
  • certains antidépresseurs ou antipsychotiques
  • plusieurs antihypertenseurs qui donnent des « coups de mou » en position debout
  • les antalgiques forts (morphiniques)

Ce risque s’accroît lorsqu’on prend plus de trois médicaments quotidiens. Environ 40 % des chutes seraient liées à ces prescriptions (source : Revue Prescrire, 2022).

Dénutrition et fonte musculaire : la force, ça s’entretient

La perte de poids involontaire et la fonte musculaire augmentent le risque de déséquilibre, en particulier au niveau des jambes. On parle de « sarcopénie » qui touche près d’une personne sur cinq après 65 ans (AFSOS, 2020). Les muscles moins toniques favorisent l’instabilité lors des passages assis/debout ou des changements de direction.

  • Veiller à un apport suffisant en protéines (poisson, œufs, produits laitiers, légumineuses, etc.)
  • Poursuivre une activité physique régulière, adaptée (marche, vélo d’appartement, gym douce)
  • Demander un bilan nutritionnel en cas de perte d’appétit, surtout après une maladie ou une hospitalisation

À Camors et dans le pays d’Auray, de nombreuses structures (maisons de santé, diététiciennes, ateliers nutrition seniors) permettent un accompagnement de proximité.

Les problèmes d’audition : un facteur de chute encore trop peu dépisté

On parle peu des oreilles, et pourtant. Mal entendre, c’est perdre une part de la perception de son environnement, des alertes sonores et des indications spatiales (ex : localisation d’une voiture, d’un vélo ou d’un escalier). Or, en France, 65 % des 65-74 ans sous-estiment leur perte auditive (Ifop 2022).

  • Faire contrôler son audition tous les deux ans après 60 ans
  • Envisager des aides auditives sans attendre la « grande perte »

Quand le lieu de vie s’en mêle… 

Logement mal éclairé, sols inégaux, tapis ou fils électriques mal placés : même le meilleur état de santé ne résiste pas à un environnement piégeux. Les chutes surviennent dans 80 % des cas à domicile (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé). Un problème de santé modéré devient alors un facteur de chute dès que l’environnement ne suit pas.

  • Faire appel à une ergothérapeute ou aux services d’adaptation du logement (ex : CARSAT, MAIA, CLIC, France Réno pour l’adaptation)
  • Investir dans de petits équipements : barres d’appui, veilleuses, antidérapants

Repérer les signaux faibles pour agir plus tôt

Avant la première chute, le corps envoie des signaux : difficulté à se lever d’une chaise, gestes hésitants, essoufflement rapide, oublis fréquents, brûlures ou petites blessures inexpliquées… Il est préférable d’en parler au médecin ou à l’infirmier·ère qui connaît bien la situation.

  • Bilan de prévention : Depuis avril 2023, la Caisse Primaire d’Assurance Maladie propose à tous les assurés de 60 à 75 ans un bilan de prévention gratuit (source : Ameli.fr).

Où s’informer et se faire accompagner dans le Morbihan ?

  • CLIC du Pays d’Auray : orientation, ateliers prévention des chutes, conseils pratiques pour le logement
  • Maison de santé Camors/Pluvigner : consultations nutrition, mémoire, accompagnement des maladies chroniques
  • Services d’aide à domicile : formation des intervenants à la prévention des chutes
  • Mairie ou CCAS : relais pour repérer les aides possibles à l’adaptation du logement

En parallèle, certaines associations locales (clubs seniors, ateliers de gym douce, temps d’échanges entre aidants) s’investissent pour proposer des temps conviviaux et de l’information sur ces sujets : n’hésitez pas à les solliciter ou à vos proches, même sans grande aisance numérique. Le bouche-à-oreille fonctionne encore très bien à Camors !

Prévenir, c’est possible !

Le risque de chute n’est pas une fatalité. Identifier tôt les causes liées à la santé, réévaluer régulièrement les traitements, corriger la vue et l’audition, maintenir un bon état musculaire, demander conseil à son médecin et adapter son environnement : voilà la clé pour garder une belle qualité de vie, longtemps et en confiance sur notre territoire.

Plus on connaît les signaux à observer, plus on se sent armé pour exprimer ses besoins et faire valoir ses droits : à Camors et dans le Morbihan, de nombreux relais vous accompagnent sur ce chemin, discrètement mais solidement.

Sources : INVS/Santé Publique France, HAS, Assurance Maladie, Fédération Française des Diabétiques, IFOP, Revue Prescrire, INPES.